Quand le tourisme recolonise les côtes du Brésil

Bonjour tout le monde !

Je suis un fervent défenseur de l’environnement, et un résistant aux promoteurs malhonnêtes, sans scrupules avec leur béton, et leur cortège de pollution et de destruction en tout genre. J’en ai ras le bol de voir que c’est toujours le fric et le business qui passe avant la nature. Cette article illustre la problématique dans le Nordeste entre la préservation de la nature, l’emploi et le développement. 

Développer des programmes d’aides sociales, de lutte contre le chômage ou de formation des jeunes aux métiers du tourisme… Derrière cette louable apparence, un groupe d’Autrichiens s’accapare progressivement des terrains et construit des hôtels à Parajuru, petit village de pêcheurs du Nord-Est brésilien. « Une semaine à Parajuru », documentaire du réalisateur José Huerta, dresse le portrait de cette communauté en prise avec la mondialisation. Un film qui risque d’être censuré sous la pression des riches promoteurs.

Un village tranquille de pêcheurs au bord de l’Atlantique au Nord-Est du Brésil. Une plage de sable fin. Une brise légère et permanente. Fortaleza, à un jet de pierre. Le cadre est idyllique. Trop même. Et c’est bien le drame de Parajuru, comme de tant d’autres villages de cette côte. Mondialisation et rêve de paysages de carte postale obligent, l’industrie du tourisme est toujours à la recherche de nouveaux paradis à vendre.

Parajuru s’est donc transformé en spot idéal pour le kite-surf, ce surf tiré par un immense cerf-volant sous la houlette d’une richissime autrichienne, Giselle Wisniewski, qui a racheté terres, maisons et hôtels sous couvert de programme social. C’est ce que montre le réalisateur José Huerta. Dans son film, « une semaine à Parajuru », il promène sa caméra de l’« hôtel-école » de Giselle aux barques de l’association de pêcheurs de Chico Mariano qui tente de défendre la plage et leurs ressources contre l’appétit des promoteurs autrichiens.

Car au-delà de l’impact du tourisme sur la communauté de pêcheur et sur le village lui-même, José Huerta essaye de démêler ce qu’une des “résistantes” au projet n’hésite pas à qualifier de « nouvelle forme de colonisation » : « Il y a 500 ans, les Portugais sont arrivés avec des colliers et des miroirs pour les échanger avec les Indiens. La colonisation a changé et les cadeaux d’autrefois se sont transformés en projets sociaux. Mais ce qu’il y a derrière, c’est la spéculation immobilière.  »

Film censuré

Il est en effet facile de proposer des cours d’anglais ou d’allemand, de cuisine et de tourisme en échange d’un travail dans l’hôtel-école. Et d’envoyer les meilleurs éléments pour un « stage » de trois mois en Autriche. Au final, les meilleurs sont recrutés dans la structure hôtelière de Giselle et payés au salaire minimum ! De quoi laisser amer un certains nombres d’entre eux qui ont pourtant cru au développement économique et aux promesses de bienfaits sociaux de ces « généreux amis autrichiens ».

Le documentaire, diffusé en 2009, vaut aujourd’hui à son réalisateur d’être poursuivi au Brésil par les promoteurs autrichiens. Huit procédures, dont une pour crime, ont été ouvertes contre José Huerta et des pressions ont été exercées sur les participants du film. Une campagne de soutien au film et à son réalisateur a été lancée. Diverses structures, dont l’association Autres Brésils, la Société civile des auteurs multimédia et Reporters sans frontières, se sont particulièrement engagées auprès de José Huerta qui attend le résultat de ces différents procès. Il risque au total plus de 60.000 euros d’amendes pour un film qui est loin d’être un brûlot et essaye de donner la parole à tous.

Stéphane Fernandez

http://www.bastamag.net/article1067.html

à très bientôt !

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